Carnet de (bientôt à) bord de "Vers un monde sans Sida"18/09/2013

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Il est bientôt temps de se préparer à attaquer la saison grise avec le sel, les embruns, l’humidité et le froid mais aussi et surtout avec la douce crispation abdominale qu’apporte l’incertitude, l’inquiétude et l’impatience…
Dans deux mois vous attendrez chaque matin et chaque soir avec une anxiété certes mesurée mais néanmoins bien réelle, que tombe les classements et les carnets du bord des navigateurs de la Transat Jacques Vabre et en particulier du Voilier au ruban rouge…
La Transat Jacques Vabre part le 3 Novembre !

Photo - Carnet de (bientôt à) bord de "Vers un monde sans Sida"

La première semaine s’annonce froide et cassante, juste ce qu’il faut pour notre équipage fait de fraiche maturité et de jeunesse expérimentée !
Une descente de la Manche tricotée depuis le Havre et hop première à gauche à Ouessant si les dépressions le permettent et cap au sud vers Madères ou alors si le Sud Ouest nous barre l’autoroute vers le soleil une remontée vers l’Irlande pour attendre la bascule Nord Ouest et la grande descente vers les Acores…

Quatre à cinq jours en tenue étanche pour mériter les vacances et ça y est le ciel s’éclaircit, la température s’adoucit et les Canaries interposent leurs volcans à la brise du Nord. On commence à oublier le clapot infernal du large de la péninsule Ibérique. Une semaine pour mettre à sécher la dernière polaire, et pour avoir le courage de se verser un seau d’eau propre sur la tête, il est temps ça commençait à gratter un peu…

Encore 2/3 jours à chercher les alizées et soudain l’accent de chants en portugais annonce l’arrivée dans un nouvel archipel, celui des îles du cap vert, des îles qui font autant rêver les navigateurs que souffrir leurs habitants.
Les 5 transats depuis 2006 du Voilier au ruban rouge, après un point d’inflexion au nord ouest des iles, s’étaient toutes poursuivies par un long bord sous spi plein Ouest vers les Antilles mais là, pas de changement de réglage du pilote on attaque l’inconnu… cap au sud toujours… ! Là pas loin il y a l’hémisphère sud où les dépressions tournent dans le sens des aiguilles d’une montre… Erik et Samy au pays des merveilles !

Deux ou trois jours et l’alizée commence à faiblir alors que les grains deviennent plus gros et plus noirs, seuls des couloirs de ciel bleu montrent la voie dans le labyrinthe du Pot au Noir. Le vent passe de 0 à 35 nœuds en quelques minutes, la drisse de grand voile est sur le winch prête à être larguée, le grand gennaker roulé précipitamment puis déroulé une centième fois (les marins agonisant de fatigue par 40° à l’ombre) pendouille pendant de longues heures… Bon là je fantasme j’avoue mais c’est comme ça dans les livres des anciens et il faut agir avec respect et déférence envers Eole afin qu’il n’aille pas cafter à Neptune qui pourrait barrer le passage vers le sud.
Le passage rituel de l’équateur (passage de "la Ligne") sera un des moments les plus durs pour nous car il faudra sacrifier pour le bateau, la mer, les dieux… une bonne partie de la seule bouteille contenant autre chose qu’H2O que nous auront à bord

Encore quelques jours et c’est le nord du Brésil, on a retouché l’alizée et c’est un bord de reaching d’anthologie, le casque des Daft Punk sur la tête pour garder les yeux ouverts sous les trombes d’eau écrêtées par l’étrave du navire, la sono avec le Get Lucky qui s’impose. C’est San Fernando, un caillou dans la mer à la pointe nord est du Brésil.

Puis après 2 semaines de mer c’est la grande descente le long du continent sud américain

Une semaine pour apprécier la douceur de vivre dans des conditions météo métissées et capricieuses.  Les pêcheurs qui traquent leurs proies si loin des leurs sont nos compagnons de voyage, les milles défilent et filent doucement, nos cœurs commencent à se serrer en pensant que bientôt nous retrouverons les nôtres mais perdrons des moments d’abandon à la liberté de se laisser conduire par le vent et les vagues atlantiques

De 20 à 25 jours après avoir laissé notre vie quotidienne nous arriverons (je touche du bois et croise les doigts à chaque ligne de ce carnet…) à Itajaï et c’est là que vous devez ouvrir votre Google map pour découvrir ce port du sud du Brésil où « Vers un Monde sans sida » se préparera pour sa croisière de retour dans un confortable cargo alors qu’avec Samy nous devrons explorer les élixirs autochtones afin de dissiper les effets du mal de terre…

Alors ça vous dit ? Impatient ? Rendez vous dans moins de 50 jours…

Et une pensée toujours émue pour nos amis de AIDES avec qui nous allons voyager et partager pour la 9ème année de suite lutte, solidarité et amour

Erik et Sam

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