I love rock'n roll ! 21/11/2013

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Matinée rock and roll, ambiance mer d’Iroise... Accrochez vous à votre fauteuil c’est parti !
En live, le redoutable carnet de bord d'Erik Nigon transformé en coach sportif... Attention, vous allez transpirer...


 
Imaginez ou plutôt projetez-vous, le mot est plus approprié sur une terrasse de 200 mètres carrés propulsée entre 12 et 18 noeuds sur un champ de bosses de 2 à 3 mètres de haut à espacement inter-bosses extrêmement variable.
Vous vous situez quelque part entre air et eau à 1m50 théoriques de la surface de la mer. En fait vous vous situez entre 30 cm et 2 m, les changements d’altitude s’opérant toutes les 20 secondes environ.
Première chose que vous découvrez sont vos muscles fessiers et la manière dont votre cerveau coordonne les légers ajustements de votre fondement aux mouvements de bassin et de dos (avantage aux champions de Houla Oups!). Ces remises en équilibre permanentes vous permettent de continuer de voir le champ de mine devant vous. Le côté voyeur de l’homme sans doute.
 
Autour de vous tout est dans la nuance… de gris! Vous avez toute la palette que ce soit dans les airs et sur la mer. Cet effet miroir vous fait vous demander parfois lequel est lequel et inversement.
Votre tenue a comme différence par rapport à une sortie en Iroise le nombre de polaires sous la tenue étanche. Ici pas de polaire et pas de bottes aux pieds. Vos fidèles Crocs protègent vos pieds des chocs contre les parois du cockpit.
La sensation de vent est puissante car comme vous remontez le vent les 15 à 19 noeuds de vent deviennent plus de 30 noeuds dans la figure (60km à l’heure).
Vous devez maintenant optimisez la vitesse et la trajectoire du bateau pour aller le plus vite possible en remontant au vent et s’il vous plait sans tout casser!
 
Prenez la barre... Allez hop y a du fun dans l’air!
Attention n’ouvrez pas trop l’angle, naviguer à 50 degrés du vent c’est bien, ça avance vite mais décoller sur une vague de 3m à 20 noeuds garanti un atterrissage des 5 tonnes du Voilier un peu douloureux. On a vu pas mal de démâtages dans ce genre d’acrobatie.
Oui là c’est mieux on est à 35 degrés du vent, on ne risque pas de décoller c’est sûr et on arrondi bien les vagues. Avec un peu de chance on va en prendre une de face à l’arrêt et on va virer... Mais l’intention était bonne on préserve le matériel. Mais on a seulement 22 jours d’eau alors on va mourir dans un bateau en parfait état...
Je vous taquine mais on dirait que ça vous motive, oui là 40 degrés du vent 12 à 15 noeuds de vitesse c’est parfait... mais pas encore très constant... C'est pas la moyenne de 5 minutes à 20 noeuds et 5 minutes à 6 noeuds!!
Allez y concentrez-vous et pratiquez...
 
Pendant ce temps, jetons un rapide coup d’oeil dans la cabine où Samy essaye de dormir... Il est sur la bannette de veille dans le carré, enfin il la survole et atterrit le plus couramment sur sa cible. Pour se caler le plus possible il a fermé grâce au système de palan l’angle entre la couchette et la coque, cela permet de se caler dans le fond du coin, c est malin. On dirait un long burger sur lit de salade verte (couleur du léger matelas autogonflant sacrifié au confort des quarts difficiles). La viande n’est pas très cuite mais je ne savais pas qu’on cuisine en croûte de sel chez Mac Do. Je souhaite bon courage à Samy quand il va vouloir se retourner pour remettre la circulation sanguine en route du côté écrasé et tassé.
 
Bon alors vous le sentez mieux à la barre? A oui le vent n’arrête pas de bouger et oui il y a les vagues aussi...
C’est pas simple je l’avoue, un petit coup de main...
Vous devez regarder deux choses à la fois d’où l’avantage pour les divergents.
Regardez le cadran de l’angle du vent pour rester dans les 40 degrés. Poussez la barre pour diminuer l’angle, tirez pour l’augmenter et anticipez au mieux les variations du vent.
Regardez les vagues devant l’étrave. Pour ne pas planer tout droit en atteignant le sommet, poussez la barre un grand coup. Cela va mettre le bateau en appui sur le flotteur sous le vent qui va amortir la descente et relancer le bateau.
Bien sûr les vagues ne sont pas régulières et parfois il y en a deux ou trois qui se collent pour rendre la manoeuvre impossible...
 
Nous avançons, pas encore tout à fait dans la bonne direction mais on avance.
Moins de 100 milles de l’Equateur !
Bonne journée
 

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