J'ai fait Cowes Dinard à bord de Maitre Jacques...16/07/2013

newsletter
  • Facebook
  • Twitter

Gilles Buekenhout est le skipper du mythique Nootka, sympathique trimaran jaune, fruit de l'imagination de Mike Birch et Claude Develay et mis à l'eau en 1989. Si Nootka ne prétend pas animer les podiums, son skipper lui, se demande depuis quelques saisons, comment c'est à bord des trimarans de nouvelle génération. Invité par Loïc Féquet, pour Cowes Dinard, Gilles comptait parmi l'équipage de Maitre Jacques. Voici son carnet de bord.

Photo - J'ai fait Cowes Dinard à bord de Maitre Jacques...

Un convoyage au départ de Saint-Malo le jeudi tôt le matin (6h30). Tout de suite dans le feu de l'action : au près avec 15-20 noeuds de vent en moyenne. Maître Jacques file entre 17 et 24 noeuds : l'adage « une main pour soi, une main pour le bateau » est de rigueur ! Le vent et les vagues sollicitent le trimaran, je prends la mesure de la raideur de la structure conjuguée à la vitesse et aux forces en action. Rien ne doit être laissé au hasard, anticipation, trajectoire, réglages.
Les milles et les îles de Jersey, Guernesey, défilent. Au cap de la Hague avec le courant on s'offre quelques beaux runs à 29 noeuds. Au raz de Blanchard, fidèle à son nom, la marmite bouillonne, mais les étraves de Maître Jacques sautent, décollent, embrochent, taillent et tracent la route. Une risée et ça accélère, 21, 22, 23, 24 noeuds. Les miles défilent inexorablement dans ces conditions houleuses, rudes et mouillées. Les fichiers météo nous annoncent moins de vent en milieu de Manche et molissant dans le Solent pour l'arrivée sur Cowes.

On y arrive déjà bientôt : même pas eu le temps de prendre ses marques, de repérer tous les bouts ; pas de problème, Loïc et ses équipiers jouent du piano les yeux fermés, je suis le mouvement mais je n'ai pas les automatismes ! Les ordres fusent lors des manoeuvres pour la rapidité et l'efficacité, ensuite reconcentration sur la trajectoire et la speed, toujours la recherche du meilleur compromis entre cap, vitesse, et soulagement du bateau : ce n'est qu'un convoyage !

En vue de l'île de Wight, avec le soleil qui commence à inonder le bateau, réchauffe l'équipage, voilà sept heures que nous sommes partis et 145 miles parcourus à +/- 18 noeuds de moyenne ! A ce rythme, c'est sûr, on raccourcit les distances ! A 19h le bateau est amarré, rangé et les pintes anglaises sont sur toutes les lèvres.

Cowes : C'est sympa, c'est aussi La Mecque de la voile et des petits chantiers en Angleterre. Les ruelles étroites sont foulées par les équipages à la recherche d'équipements, et/ou le plus souvent du Pub rempli de souvenirs ou recommandé par les copines rousses « anglaises » !

Une bonne nuit et calé par un breakfast anglais copieux, l'heure est aux préparatifs. Avant le départ, passage devant le comité avec les gilets, mise en place des rôles à bord, analyse du plan d'eau via les départs précédents d'autres séries IRC. Un petit coucou au multi 50 PIR2 qu'on aperçoit. Ca part à droite, ça tampone à gauche. Loïc se positionne pour les dix minutes, deux minutes chrono, on lance le bateau, on règle les voiles, top départ et on franchit la ligne ; il ne reste plus qu' à remonter toute la flotte. Les empannages se succèdent et en sortie de Solent, ce sera chose faite, les 165 voiliers sont derrière nous, sauf le maxi yacht de 100pieds ICAP Léopard 3 qui reste dans note ligne de mire.

Après quelques virements, changement du genack en Code Zero, on se prépare à batailler avec « Le Léopard » ! A 18h30 l'arrivée de la pétole se confirme mais Maître Jacques conserve un peu de vitesse, entre 5 et 7 noeuds pour arriver à passer cette bulle sans vent en quelques heures ; les voiles claquent, les flotteurs tapent, mais l'équipage reste concentré et observe le plan d'eau et la progression du Léopard. (Vive l'AIS !)

Le vent revient, dix noeuds et le bateau glisse à nouveau, la chasse s'engage. Toute la nuit Maître Jacques se rapproche, et après quelques croisements de route, d'abord sous genack puis sous Code Zero, c'est au petit matin et au reaching, dans la dernière ligne droite, que nous faisons la différence avec notre rival. Grâce à Loïc qui connaît parfaitement son multi et ses vitesses sous les différentes configurations de jeux de voiles, nous arrivons avec dix minutes d'avance sur Léopard III à l'arrivée : nous sommes premiers de la Cowes-Dinard, mais sans battre le record de l'année passée, la météo ne l'aura pas permis...

Bravo à Loïc le skipper, Julien le préparateur, Benoît le tacticien et à Yves. Et merci pour cette riche expérience de rigueur et de précisions nautiques, ponctuée de décontraction humaine !

Je retiens aussi qu'il n'y a pas de hasard, juste la formidable et superbe « machine » mise au point à l'origine par Franck-Yves Escoffier et ses architectes et maintenant améliorée, peaufinée dans ses moindres détails par Loïc Féquet !


Gilles & NOOTKA

Toutes les actualités

Trophée des Multicoques Baie de Saint-Brieuc05/09/2017

La dernière journée du Trophée des Multicoques Baie de Saint-Brieuc a consacré l’équipage d’Erwan Le Roux (FenêtréA-Mix Buffet) dans des conditions de vent légères. Le...

En savoir plus

Réauté Chocolat s'impose sur l'Armen Race Uship09/06/2017

Voilà une entrée remarquée dans la classe Multi50, ces trimarans de 15 mètres désormais équipés de foils et aux vitesses parfois extravagantes. Pour ses trois premières compétitions,...

En savoir plus

FenetreA Mix Buffet remporte le Grand Prix Guyader09/06/2017

Le rideau est tombé, ce dimanche après-midi, sur le Grand Prix Guyader des Multi50. Lors de cette dernière journée de compétition, FenêtréA – Mix Buffet et les autres bateaux...

En savoir plus

Thibaut Vauchel Camus en Multi50 avec un nouveau bateau06/03/2017

Le skipper Thibaut Vauchel-Camus franchit un nouveau pas dans sa carrière en lançant, grâce à des partenaires investisseurs motivés, la construction d’un trimaran de la classe...

En savoir plus

Armel Tripon embarque avec Réauté Chocolat06/03/2017

​Le skipper nantais Armel Tripon et la PME mayennaise Réauté Chocolat embarquent dans le même bateau pour vivre l’expérience du multicoque, dans la catégorie Multi50. Ce partenariat...

En savoir plus

Un nouveau Multi50 pour Thierry Bouchard et Ciela Village14/02/2017

Le Méditerranéen Thierry Bouchard confirme son enthousiasme pour le multicoque de 50 pieds et lance la construction d’un Multi50 qui sera ainsi le premier conçu pour porter des...

En savoir plus