Le carnet de quai d'Erik07/11/2013

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Ils sont partis vers le Brésil et vont sans doute manger leur pain noir dans les prochaines 48 h, avant de savourer une descente de plus en plus chaude et prometteuse. En attendant le départ, deux fois reporté, Erik Nigon nous livre ici son dernier Carnet de Quai, en attendant son premier... Carnet de bord.

Photo - Le carnet de quai d'Erik

(photo F.Quiviger)

"Je me demande ce qui est le plus difficile, être dans l’action, faire face à des éléments agressifs et « flipper un peu » ou gamberger sur le quai en se demandant à quelle saumure on va être rincé dans 3 jours…
Dimanche soir en apprenant le report du départ, j’ai ressenti un soulagement car les conditions n’étaient pas « raisonnables » comme disent les collègues navigateurs mais après avoir profité d’une soirée de détente c’est à nouveau le stress du départ et des conditions météo qui nous attendent…
Sur la fin de préparation d’une compétition comme cette Transat ce ne sont pas les alizés qui nous font rêver mais la mer de la sortie de Manche et du golfe de Gascogne qui nous hantent et je dois l’avouer me minent gentiment mais sûrement.
Le bateau est préparé mais comment se préparer soi-même à prendre 40 nœuds de vent et des vagues croisées de 6 mètres sur un ponton de 15m sur 15m surmonté d’un poteau aile culminant à 23m et posé en travers du clapot ?
Merci de participer par la lecture de ce carnet à cette purge de mes angoisses reptiliennes!

Une semaine avant le départ …

C’est le bazar dans ma tête, tout se collisionne : boulot, bateau et pas dodo. Ne pas négliger la famille, rester en contact avec les amis, militer pour la cause « Vers un monde sans sida », écouter les navigateurs qui sont déjà dans la météo du départ et puis préparer les concerts des Tech a Break qui vont débouler en Décembre… Les listes de « to do » s’emmêlent et se mélangent, il y en a tellement que je passe plus de temps à les consulter et les mettre à jour qu’à traiter les différents points…
Tout est prioritaire et tout se parallélise, mon hyperactivité se trouve enfin récompensée à chaque mot barré sur la liste finalement compilée de ce qui fait ma vie à quelques jours d’une nouvelle aventure

3 jours avant le départ…

Le cerveau limbique prend le dessus sur le cortical, les émotions et leur impact sur le corps et l’esprit prennent le dessus, les derniers « to do » sont « cornerisés » et deviennent des « should do », des « c’est pas grave, c’est du luxe en fait… »
Le boulot commence à perdre son caractère d’importance primordiale et l’état d’esprit migre vers « ils vont bien gérer sans moi, de toute façon je ne pourrai pas leur être bien utile et puis c’est une opportunité d’exposition pour ceux qui restent… mais pas trop quand même faut que je retrouve mon bureau en rentrant ! »
La famille est au chaud au fond du coeur, les amis témoignent activement leur soutien, AIDES est présent dans mon ventre mais on a l’esprit ailleurs… Je suis déjà sur la ligne de départ et vois les deux premiers jours qui vont être violents et qu’il va falloir négocier au mieux, je me demande ce que j’ai oublié et puis surtout ce qui peut/va casser et si on pourra continuer…
Dans la répartition des rôles Samy est sur l’extérieur, tout ce qui est mécanique est révisé bichonné, moi c’est l’intérieur, de l’avitaillement à l’informatique du bord. On n’aura pas de problème pour se positionner avec tous les GPS et autres systèmes embarqués mais je redoute les problèmes de communication qui pourraient limiter l’envoi des carnets de (sur)vie à bord…

La veille du départ…

Cette année il y aura eu au moins deux veilles de départ avec les reports successifs dus aux conditions météo… Et c’est le plus dur à vivre!!. Inutile de vous dire que le boulot, la musique sont loin du cerveau reptilien qui prend progressivement le dessus. On néglige les amis et les proches, nos familles nous voient « l’air absent »…
En fait, je suis présent et même beaucoup trop présent mais dans un monde encore imaginaire ou pourtant je sens déjà la morsure du froid et l’angoisse de voir une vague plus forte que les autres nous obligeant à abandonner nos espoirs de nouveau monde. Ce qui est sans doute le plus significatif c’est que je ressens déjà les effets du mal de mer et que je vois le monde comme après 24 heures de veille… Le sommeil commence à se découper en quarts et la faim s’autoprogramme au moment ou le corps réclame. J’ai l’impression de voir deux mondes en parallèle et dès que je ferme les yeux, ne sais plus lequel est réel.

Le conditionnement est en cours, toutes les heures on guette le bulletin météo on s’habitue dans la tête à vivre quelques longues heures dans un enfer salé, humide, froid mais en se disant que l’on a une chance unique et que tant de personnes voudraient être à notre place (??). Le plus important pour moi est d'inscrire profondément dans la tête le temps que va durer cette première partie de course. Ensuite il n’y aura plus qu’à tenir.
Et puis les dernières 24 heures sont passées à discuter et ressasser encore et encore notre tactique de course. Faut il attaquer au risque de casser pour rester dans la course face aux bateaux plus rapides ? Faut-il assurer pour finir avant tout et engranger le maximum de milles pour AIDES ?

Je ne vous dirai pas le résultat de ces discussions avec Samy qui vont revenir très vite mais je peux déjà vous écrire notre position officielle : nous allons tirer le plein potentiel du bateau, sans dépasser les limites que nous lui connaissons. Ne comptez pas sur nous pour être conservateurs ni risque-tout et un premier verdict sera donné quand nous atteindrons la latitude du sud de l’Espagne…

En espérant que ce sera notre choix qui dictera notre manière de naviguer et non les circonstances…
Voilà, ça va déjà mieux… je retourne voir l’évolution de la météo et j’appelle Samy… :)

A très bientôt
Erik"

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