Thierry Bouchard et Oliver Krauss, 2èmes de la Transat Jacques Vabre12/11/2015

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Thierry Bouchard et Oliver Krauss ont franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à 7 h 14 ce matin et prennent donc la deuxième place du classement en Multi50. Habitués des transats au large et compétiteurs chevronnés, ils n’avaient jamais couru en multicoque et prenaient donc le départ avec détermination mais aussi beaucoup d’humilité. Leur performance est la conjugaison de plusieurs facteurs déterminants. Analyse avec eux…

Photo - Thierry Bouchard et Oliver Krauss, 2èmes de la Transat Jacques Vabre

Comment expliquez-vous votre performance alors que vous avez découvert le multicoque un mois avant le départ ?

« On a une bonne expertise du large. Il a juste fallu trouver les limites. En monocoque, on peut attaquer et être en permanence à la vitesse max. En multicoque, une prise de risques peut se traduire en quelques secondes par un bateau à l’envers ! Mais le bateau n’est pas extrême, il est sain, et dès que nous étions en confiance, on a pu attaquer. Nous avons appris énormément. Nous ne connaissions pas le multicoque mais nous avons compensé par notre expérience au large dans tous les types de temps et par notre esprit de compétiteurs. Je pense qu’on aurait pu encore mieux faire ».

Quelle a été votre stratégie sur cette transat longue et semée d’embûches ?

On savait que les premiers jours étaient importants. celui qui sort en tête du Golfe de Gascogne a toujours un avantage. Il ne fallait pas se mettre dans le rouge, s’épuiser, casser le bateau pour ne pas compromettre la suite de l’aventure. Mais il fallait quand-même rester au contact. C’est un équilibre pas facile à trouver. Nous étions en tête à la fin de la première semaine et nous n’étions pas fatigués ce qui nous a permis de « dérouler » plus facilement. C’est important de conserver notre lucidité pour ne pas commettre d’erreurs. Et notre routeur, Xavier Macaire, a été très présent. Avec lui, nous avons pris de bonnes décisions dans les moments décisifs ».

Comment vont les navigateurs au terme de 17 jours de course ?

« Nous avons eu beaucoup de périodes où nous ne pouvions pas lâcher la barre en raison de l’état de la mer et des variations de vent. Quand le vent monte de 1 ou 2 noeuds, le bateau accélère immédiatement. Il faut être vigilant tout le temps. Mais nous avons réussi à bien nous organiser à bord. Nous avons bien dormi. Nous arrivons en forme. Le multi50 est plus confortable, ses mouvements dans la vague sont plus doux qu’un Class40. En revanche, l’espace à vivre est vraiment minimaliste. Nous envisageons déjà quelques améliorations à l’intérieur… »

Le projet de passer en Multi50 est né il y a un an lorsque l’occasion s’est présentée de racheter l’ancien « Maitre Jacques », un plan VPLP Design construit en 2005 chez CDK Technologies et qui avait subi une avarie importante au départ de la Route du Rhum. Vos choix sont-ils validés ?

Plus que validés ! A aucun moment sur cette transat je n’ai regretté mes choix. C’était ambitieux de racheter ce bateau alors que j’aurais pu choisir un bateau prêt à partir. C’était important pour moi de participer à la reconstruction du bateau, en faisant mes propres choix. C’est ce bateau là que je voulais, il est sain, polyvalent, rapide à toutes les allures. Je lui ai offert deux flotteurs neufs et un sablage complet de la coque centrale. Sur la transat, nous n’avons eu aucune avarie de structure. C’est primordial d’avoir confiance en son bateau. Et malgré son âge, il est au même niveau que les bateaux plus récents ». 

Vous ne regrettez pas d’être passé en multicoque ?

« Même si je me suis longtemps fait plaisir en monocoque, je suis bien content d’avoir fait cette transat en Multi50 parce qu’en Class40 j’y serai encore. C’est interminable… Avec Oliver nous avons pris beaucoup de plaisir à naviguer sur ce bateau. C’est l’essentiel. On était venu pour cela »

Vous êtes-vous fait peur ?

« Pas vraiment… Sauf deux fois quand-même. On a fait un magnifique planté, tout l’avant du bateau sous l’eau et là, s’il n’y a personne à la barre et à l’écoute, c’est la catastrophe. Cela nous a un peu calmé. La seconde fois, c’est une peur rétrospective quand Oliver a vu une baleine passer tranquillement entre le flotteur et la coque centrale. Nous étions à 20 noeuds. Nous ne l’avons pas touchée… »

Le programme ?

« Le bateau va rentrer à Lorient par cargo. Nous allons le convoyer en Méditerranée dès le mois de décembre si les conditions le permettent. Ensuite, nous serons au départ des courses du calendrier Multi50, transats et grand prix »

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