Un skipper garagiste sur un drôle de trimaran10/07/2014

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Il est de bon ton, pour exister sur la Route du Rhum 2014, parmi plus de 80 navigateurs hauts en couleurs, d’être le seul qui… le seul à… Etienne Hochédé, lui, sera le seul skipper garagiste sur un trimaran trentenaire en alu à foils, indestructible et démontable ! Ces deux-là ne manqueront pas de se faire remarquer à Saint-Malo.


 

Photo - Un skipper garagiste sur un drôle de trimaran

Attention, PiR2, pourtant classé Bateau d’Intérêt Patrimonial n’a rien à voir avec un vieux gréement !!! PiR2 est un trimaran de course reconnaissable notamment à ses petits flotteurs qui abritent de drôles de foils en fonte d’aluminium. Il évolue dans la classe des Multi50 qui affectionnent particulièrement ce drôle de bateau. Respect ! Montez à bord et glissez-vous dans la descente. C’est l’histoire de la course au large qui vous saute à la figure ! Car depuis 30 ans, Pir2 a roulé ses foils. C’est qu’il faut en parcourir, des milles, pour mériter le titre de Bateau d’Intérêt Patrimonial….

Les sponsors se pressent !

1983, sur plans de Sylvestre Langevin, PiR2 et son unique sister ship Ker Cadelac, naissent en Charentes-Maritime avec l’aluminium utilisé dans la construction de France III, le Défi français du baron Bich dans la Coupe de l’America. Ça, c’est pour la minute de fierté…
PiR2 enchaine les transats, une bonne dizaine : trois Rhum, deux Ostar, des Québec Saint-Malo , et autres Lorient Les Bermudes.
Il court sous toutes les couleurs, portant successivement les noms de tous les sponsors qui à l’époque, se pressent pour épingler leur image à celle de ce joyeux trimaran indestructible. Avec Denis Glicksmann il fut Lessive Saint-Marc ; avec Anne Caseneuve, il prit le nom d’Armor Lux.

Tout là haut dans la Somme

Depuis 2004, redevenu PiR2, c’est Etienne Hochédé qui le bichonne, avec autant de passion qu’il répare les voitures dans son garage d’Abbeville, tout là-haut dans la Somme, comme le faisaient son père et son grand-père avant lui. Bien loin des zones de concentration des navigateurs. Après sa première navigation, « tout petit », à Saint-Valéry sur Somme, Etienne n’aura de cesse de naviguer, coûte que coûte, la plupart du temps sur des voiliers pas chers qu’il faudra bricoler bien évidemment… Mais qu’importe, le garagiste a plus d’une clé dans sa boite à outils. Après avoir eu une Corvette, puis un Arpège, il construit son monocoque de 10,80 m… Tous ses week-ends y passent, pendant 6 ans !

Conjurer le sort d’un nom de baptême…

Etienne n’est pas un grand bavard ; convaincre un partenaire, avec un petit dossier sous le bras, ce n’est pas son truc, et c’est d’ailleurs un peu compliqué quand on passe sa semaine le nez dans un moteur… C’est à bord de PiR2 que le skipper garagiste devient loquace. Il raconte ses navigations, embarque ceux qui veulent se payer une bonne tranche d’histoire et vous offre en prime un regard insolite sur le petit monde de la course au large avant/après…
Certes ni Etienne ni PiR2 n’ont la prétention de briguer une place d’honneur sur les podiums très convoités du Rhum. A un éventuel partenaire, ils ne vendront pas, bien sûr, leur nom en haut de l’affiche… D’autres s’en chargent. Non, Etienne leur propose simplement de faire un bout de chemin, de raconter une histoire, de mettre un peu d’aventure humaine dans leur entreprise, de sortir la tête du moteur, comme il le fait lui chaque week-end, pour hisser les voiles de Pir2.
L’ambition financière d’Etienne serait, avant le départ, de conjurer le sort, pour qu’à l’arrivée, on ne puisse pas dire que le nom de baptême de Pir2 était prédestiné : à sa naissance, ce drôle de bateau fût bizarrement nommé… Découvert !


Après une Corvette, un Arpège, un monocoque construit de tes mains, pourquoi un trimaran ?
« Quand j’ai voulu faire la Transat Anglaise, en 2004, elle n’était ouverte qu’aux bateaux de 50 et 60 pieds. En monocoque, cela voulait dire un fort tirant d’eau et en Baie de Somme, c’est impossible. Donc j’ai opté pour un trimaran… et j’y ai pris goût ! »

Première participation au Rhum. Pourquoi aujourd’hui ?
« Je suis en fin de carrière. Je commence à me libérer un peu du garage, dans 18 mois j’aurai fini. Il faut que je profite de la vie ! Je pense que le Rhum est une belle course »

Le solitaire. Par choix ?
« Avant oui ! J’ai longtemps navigué en solitaire. Ça me plaisait bien. Mais aujourd’hui, si je pouvais embarquer Françoise (sa compagne et co-skipper, ndlr), j’aimerais autant. D’ailleurs, une Transat Jacques Vabre, ensemble, en 2015, on y réfléchit sérieusement ».

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